Je n’aime pas danser : la Danse Médecine est-elle faite pour vous ?
« Oh, la danse, ce n’est pas pour moi ! »
C’est une phrase qui semble sans appel que j’entends régulièrement. Souvent accompagnée d’un sourire gêné.
Mon expérience, c’est que très souvent, les personnes qui pensaient que « ce n’était pas pour elles », lorsqu’elles s’autorisent à vivre l’expérience, changent complètement d’avis !
Alors posons les choses clairement dès le départ :
si vous pensez que la Danse Médecine consiste à “bien danser”, il y a un malentendu.
Qu’est-ce que vous n’aimez pas : danser… ou ce que vous associez à la danse ?
Quand quelqu’un dit “je n’aime pas danser”, il ne parle presque jamais de danse.
Il parle de :
- se sentir jugé
- ne pas savoir quoi faire de son corps
- avoir peur du ridicule
- se comparer
- se sentir maladroit ou “pas à la hauteur”
Autrement dit, il parle d’une expérience inconfortable, pas de la danse en elle-même.
La plupart d’entre nous avons appris très tôt qu’il existait une “bonne” façon de bouger.
Alors on s’est retenu. On s’est coupé. On a figé certaines parties de soi.
La Danse Médecine ne cherche pas à corriger cela.
Elle vient défaire ce conditionnement.
Ici, il n’y a rien à réussir
Dans un atelier, personne ne vous apprend une chorégraphie.
Personne ne vous « corrige ».
Personne ne vous observe pour évaluer si vous “dansez bien”.
Et c’est précisément là que cela peut devenir confrontant.
Parce que sans cadre extérieur, sans modèle à suivre, une question apparaît :
“Que faire, quand il n’y a plus rien à imiter ?”
Une structure qui soutient, sans enfermer
C’est aussi pour cela que le guidage a une place essentielle en Danse Médecine.
Le cadre existe bel et bien : il y a une trame, un déroulé. Mais il ne sert pas à enfermer, il sert à soutenir. C’est précisément cette alliance entre structure et liberté qui permet au processus d’être à la fois sécurisant et vivant.
Au début, des propositions simples viennent soutenir l’entrée dans le mouvement. Elles donnent un point d’appui, une direction, quelque chose à suivre.
Puis, progressivement, quelque chose se détend : le mental, rassuré, n’a plus besoin de tout contrôler.
Et à ce moment-là, il peut se mettre en retrait.
Le corps prend alors plus de place. Le mouvement devient moins réfléchi, plus direct, plus vivant.
Au début, cela peut être inhabituel, voire inconfortable.
C’est normal.
On peut se sentir perdu, bloqué, figé.
On peut avoir envie de partir.
On peut même se dire que “ce n’est pas fait pour soi”.
En réalité, on est simplement en train de rencontrer un endroit évité depuis longtemps
Ce qui se passe réellement quand on entre dans la danse
Quand on reste malgré l’inconfort, quelque chose commence à bouger.
Pas forcément de manière spectaculaire.
Mais progressivement :
- le mental lâche un peu
- le corps commence à proposer, timidement
- des émotions émergent (parfois inattendues)
- une forme de vérité apparaît dans le mouvement
Il ne s’agit plus de “danser” au sens habituel.
Il s’agit d’entrer en relation avec ce qui est présent.
Et cela, au départ, peut être inhabituel.
Mais c’est profondément vivant !
Il n’est pas nécessaire d’aimer danser pour commencer
Il suffit d’être prêt à :
- ne pas savoir
- ne pas tout contrôler
- se laisser surprendre
- rester présent, même dans l’inconfort
La Danse Médecine n’est pas un espace de performance , c’est un espace de rencontre avec soi, sans filtre.
Est-ce que c’est fait pour vous ?
Peut-être que non.
Si vous recherchez :
- quelque chose de « maîtrisé »
- un cadre rigide et entièrement prédéfini
- une expérience confortable du début à la fin
cela risque d’être déstabilisant.
En revanche, si une part de vous sent que :
- les approches uniquement mentales ne suffisent plus
- le corps a des choses à exprimer
- il y a une curiosité, même timide, d’explorer autrement
alors oui, même (et surtout) si vous pensez ne pas aimer danser, c’est peut-être précisément là que cela commence !
En ligne : un cadre adaptable et rassurant
Pour les personnes qui hésitent à cause du regard des autres, le format en ligne peut être une porte d’entrée plus douce.
Il est possible de choisir de laisser sa webcam allumée… ou non.
Ce simple choix change beaucoup de choses :
- moins de pression liée au regard extérieur
- plus de liberté pour explorer à son rythme
- un sentiment de sécurité renforcé
Ce cadre permet souvent d’oser une première expérience, là où un atelier en présentiel pourrait sembler trop confrontant.
Une dernière chose
Les personnes qui disent après coup “Je ne pensais pas que c’était pour moi… et pourtant…” ne sont pas celles qui savaient danser. Ce sont celles qui ont accepté de ne pas savoir.
Et c’est là que quelque chose de réel peut émerger.
Si vous hésitez, c’est sain.
Rappelez-vous qu’il est important de ne pas confondre : “ce n’est pas pour moi” avec “cela me met face à quelque chose d’inhabituel”.
Ce sont deux réalités très différentes.